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Archive for septembre 2010

« Il ne faut pas oublier que le sujet des risques psychosociaux est éminemment complexe et difficile à appréhender pour une organisation » selon le Dr Florence BENICHOUX

3 questions à Florence BENICHOUX, médecin et spécialiste du diagnostic et de la prévention des risques psychosociaux, co-fondatrice de BETTER HUMAN Cie, société de conseil et éditrice du site meteostress.com et du programme de prévention sur http://gestion-du-stress-en-entreprise.meteostress.com

 

1. Que pensez-vous des résultats sur la prise en compte des risques psychosociaux dans les entreprises de plus de mille salariés ? 

Tout d’abord c’est un excellent travail qui permet de faire le point sur la prise en charge par les entreprises. Le chemin est encore long… mais une prise de conscience a eu lieu.

Pourquoi 2 entreprises sur 3 de plus de 1 000 salariés d’entreprises n’ont-elles pas entamé une démarche ? Il ne faut pas oublier que ce sujet est éminemment complexe et difficile à appréhender pour une organisation. Il touche non seulement la sphère psychologique et donc la vie personnelle de l’individu, mais aussi toutes les nombreuses interactions avec la vie sociale au travail. Au delà de la formation et de la prise en charge des personnes souffrantes,  il a des conséquences sur l’organisation et les conditions de travail.  

2. Quels sont, pour vous,  les points clés de cette étude ? 

Ce qui me surprend c’est qu’une entreprise sur 2 seulement,  estime nécessaire de mettre en place un processus de consultation interne, cela en dit long sur le dialogue social en France. Or les 2 points clés pour la prise en charge des risques psychosociaux sont de dialoguer et de poser un bon diagnostic pour mettre en place ensuite des plans d’action pertinents et spécifiques. Pour ce faire, il faut interroger et mesurer le phénomène de façon quantitative et qualitative dans l’entreprise avec si possible des indicateurs scientifiques fiables et permettant d’en suivre l’évolution simplement. La mesure induit les comportements.

3. Quelle démarche adopter ? 

Pour démarrer une action, il faut souvent faire appel à un conseil (cabinet ou consultant), car il est rare que l’entreprise ait en son sein toutes les compétences nécessaires. Le guide INRS qui vient d’être publié et intitulé ‘‘Prévention des risques psychosociaux. Et si vous faisiez appel à un consultant ?’ » est à recommander.                                                                  

  • La 1ère étape est la création d’un comité de pilotage comprenant l’ensemble des parties (Direction, CHSCT, Syndicats, Service de santé au travail…). Le plus important est de faire un état des lieux et de se mettre d’accord sur les mots et les objectifs ;
  • La 2ème étape est de faire une communication d’une seule voix auprès des salariés expliquant clairement les objectifs et les raisons de mettre en place un audit ainsi que le choix du consultant « tiers de confiance » reconnu par tous ;
  • La 3ème étape est l’audit. Il doit interroger l’ensemble des salariés, et être limité dans le temps, mais renouvelable régulièrement, avec des résultats globaux et anonymes rendus dans les semaines qui suivent. Cet audit est le plus souvent enrichi d’une approche qualitative pour aller plus en profondeur. Ces résultats doivent déboucher sur un diagnostic partagé permettant d’inscrire dans la durée un plan d’action qui soit négocié et réaliste. Le cabinet/consultant accompagne la mise en place du plan d’actions qui se doit d’être porté par tous les acteurs de l’entreprise  afin d’améliorer le mieux vivre ensemble.

Au total le diagnostic et la prévention de ces Risques Psychososiaux est une opération très rentable pour l’entreprise. Si 66 % des entreprises n’ont officiellement rien mis en place, c’est qu’elles n’ont peut-être pas vu concrètement ce que le stress leur coûte[1].


[1] Dans un premier temps, en coût direct exprimé en Euros et non par un pourcentage. Dès 1993, le Bureau International du Travail démontrait qu’investir un dollar en prévention permettait d’en économiser six… et ceci sans tenir compte des coûts cachés !

En savoir plus en visionnant l’émission de Toulouse Télévision (TVT) du 6 septembre 2010 sur une expérience réussie de diagnostic des risques psychosociaux au sein de la société hign tech Magellium :

Emission du 6 septembre 2010

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Seulement 1 entreprise française sur 3 de plus de 1 000 salariés a signé un accord ou un plan d’actions de prévention des risques psychosociaux !

13 septembre 2010 1 commentaire

Le ministre du Travail Xavier Darcos, lors de la session extraordinaire du 9 octobre 2009 du Conseil d’Orientation sur les Conditions de Travail (COCT-1), avait présenté son Plan d’actions d’urgence sur la prévention des risques psychosociaux dans les entreprises.

Parmi les mesures (2), la date butoir du 1er février 2010 avait été fixée aux 1 500 entreprises de plus de 1 000 salariés pour engager des négociations sur le stress au travail. Dans les rangs syndicaux, étaient redoutés par avance un certain manque d’opérationnalité et trop peu d’aspects contraignants pour les employeurs. Ce point de vue était également partagé par des professionnels en prévention des risques psychosociaux qui affirmaient le risque, « d’inclure, dans les accords, des actions visibles, qui ont de l’allure, mais qui n’ont d’impact que sur le court terme ».

Au 18 février 2010, sur les 1 500 entreprises concernées :

  • Seules 300 entreprises (20 %) figuraient dans la liste verte, celle des entreprises qui avaient signé un Accord de méthode et/ou un Accord de contenu et/ou un Plan d’accord (20 %) ;
  • 495 entreprises (33 %) étaient inscrites sur la liste orange. Ces structures ont  déclaré « avoir engagé une ou plusieurs réunions de négociation d’un accord ou avoir engagé des discussions avec les représentants du personnel sur un projet de diagnostic partagé et/ou un plan d’action ». Pour le ministère, ces entreprises devraient passer en liste verte, dans les mois à venir ;
  • 705 entreprises (47 %) sont sur la liste rouge, à savoir qu’elles n’ont apporté aucun élément probant (cas de 105 entreprises, soit 7 %) ou n’ont pas répondu au ministère, soit 600 entreprises (40 %).

Le 18 février 2010, pendant 24 heures, le ministère du Travail sur son site http://www.travailler-mieux.gouv.fr avait publié les listes, avec un certain nombre d’erreurs de classification d’entreprises (structures s’étant déjà engagées ou entreprises avec un effectif de moins de 1 000 salariés). Face aux réclamations et surtout aux lobbies de certaines entreprises, les listes orange et rouge avaient été retirées.

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Luxembourg | 4ème édition du ‘Prix santé en entreprise’

Pour la 4ème année consécutive, le ministère de la Santé du Luxembourg organise un ‘Prix santé en entreprise’. Pour l’année 2010, le thème retenu est  ‘Bien-être au travail pour les salariés à risques particuliers’.

Le ministère de la Santé, associé à ses partenaires que sont l’Inspection de Travail et des Mines (ITM), l’Association d’Assurances contre les accidents (AAA), l’Administration de l’Emploi (ADEM) et l’Association Européenne pour la Promotion de la Santé (AEPS) souhaitent mettre en exergue des entreprises et institutions qui œuvrent pour une meilleure qualité de vie au travail, à travers :

  • Des conditions de travail adéquates pour les salariés âgés,
  • Des actions de promotion de la santé et de sécurité pour les jeunes travailleurs,
  • Des adaptations et aménagements de postes de travail pour des salariés handicapés.

Pour de plus amples renseignements, vous pouvez parcourir le site Internet dédié : www.prix-sante-entreprise.lu ou télécharger directement le dossier d’inscription sur http://www.prix-sante-entreprise.lu/index.php/dossier-de-candidature-2010.

Les dossiers de candidature sont à envoyer avant le 16 octobre 2010 à l’adresse suivante : Division de la Santé au Travail, Villa Louvigny, L-2120 Luxembourg

En 2008, 5 entreprises avaient été primées. Il s’agissait du cabinet d’avocats Allen & Overy Luxembourg, la clinique Saint-Joseph de Wiltz, le fabricant de verre Guardian, la banque KBL European Private Bankers et Unicum, entreprise générale du bâtiment.

L’an dernier, 6 lauréats furent récompensés :

  • Caceis bank & Fastnet pour ‘la mise en place des bonnes pratiques destinée aux jeunes salariés’ ;
  • Delphi pour leur programme sur ‘la prévention et la formation pour limiter les effets du stress’ ;
  • Panelux pour le projet ‘Organisation, méthodologie et technologie pour améliorer les conditions de travail et la sécurité’ ;
  • Sodexo Luxembourg pour ‘Dialogue de tous les instants pour augmenter la sécurité au travail’ ;
  • Ville de Luxembourg pour un plan d’actions sur le thème ‘Regarder en face les problèmes et les traiter’ ;
  • BCEE avec son programme  » bien-être au travail ».

Le programme  » bien-être au travail », a été lancée en 2006, à l’occasion du 150ème anniversaire de la création de la Caisse d’Epargne Luxembourgeoise. Tous les salariés se  voient proposer un checkup-up santé qui comprend un volet médical et un volet d’information et de prévention (en collaboration avec la Zithaklinik). En 2009, 50 % de l’effectif s’était porté volontaire. Et pour se maintenir en forme, une salle de fitness, avec un encadrement professionnel, a été mise en place.

Conjointement, les Ressources Humaines assurent une écoute renforcée auprès des salariés ayant une pathologie lourde ou/et rencontrant des problèmes psychosociaux. Un plan d’accompagnement pour les jeunes recrutés s’étale sur les 2 premières années d’entrée dans l’entreprise.