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Archive for novembre 2008

Accord signé sur le stress au travail

30 novembre 2008 2 commentaires

Les organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) et syndicales (CGT, CFDT, CFTC, FO et CFE-CGC) ont paraphé le 24 novembre, l’accord national interprofessionnel (ANI) du 2 juillet 2008 sur le stress au travail.

Cet accord a permis de définir ‘’qu’un état de stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ».

Cet accord vise à “augmenter la prise de conscience et la compréhension du stress au travail, par les employeurs, les salariés et leurs représentants” et “attirer leur attention sur les signes susceptibles d’indiquer des problèmes de stress au travail”. Il transcrit en droit français l’accord-cadre européen du 8 octobre 2004 sur la lutte contre le stress au travail.

Il prévoit également que les partenaires sociaux ouvrent, dans les 12 mois qui suivent la signature de l’accord, une nouvelle négociation sur la question du harcèlement et de la violence au travail. Ces deux sujets ont fait l’objet d’un accord-cadre européen le 26 avril 2007 que les partenaires sociaux doivent transcrire également en droit français.

En savoir plus

Accord-cadre européen sur le stress au travail (version en anglais)

 

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Trop d’arrêts maladie en Lorraine !

2008 confirme la tendance d’une augmentation du nombre d’arrêts de travail avec 3 % l’an dernier et une progression de 4,3 % pour le 1er trimestre 2008 (+ 3,7 % au niveau national). L’Assurance Maladie Lorraine a décidé de se mobilier : campagne de sensibilisation et d’information mais aussi contrôle renforcé auprès des assurés et des professionnels.

En 2007, l’Assurance Maladie Lorraine a versé 181,7 millions en indemnités journalières (versement d’un revenu de remplacement) suite aux arrêts de travail pour maladie. Les dépenses d’arrêt de travail pour maladie et accidents professionnels s’élevaient à 66 millions d’euros. C’est plus de 247 millions d’euros que l’Assurance Maladie Lorraine a versé l’an dernier pour le poste global arrêts de travail, 3ème source de dépenses de soins de ville (12 %) après les médicaments (33 %) et les honoraires médicaux (24 %).

L’Assurance Maladie Lorraine a sensibilisé tous les acteurs : tout d’abord les assurés sociaux avec une campagne d’information et de sensibilisation, sous la forme de panneaux 4 par 3 m. Cette campagne a également été déclinée dans les cabinets médicaux et dans les entreprises.

Un suivi individualisé de leurs prescriptions d’arrêts de travail a été proposé aux médecins généralistes et spécialistes, exerçant en libéral (prescripteurs de 79 % des dépenses d’indemnités). Des délégués de l’Assurance Maladie Lorraine accompagnaient ces professionnels de santé « pour leur donner des outils et afin de les inciter à plus de vigilance sur leurs prescriptions d’arrêts de travail« . A tout moment, le médecin connaissait « le nombre de le nombre de jours d’arrêts de travail qu’il a prescrit pour cause de maladies ou d’accidents professionnels ainsi que le nombre moyen de jours d’arrêts de travail par patient en activité. Le profil permet systématiquement une comparaison avec la moyenne constatée dans le département ce qui permet au médecin de se situer par rapport aux pratiques de ses confrères« .

L’Assurance Maladie Lorraine a renforcé les contrôles. Ces contrôles ciblés concernaient en priorité les personnes qui ont eu plusieurs arrêts de courte durée au cours des 12 derniers mois. En 2007, 14 083 personnes ont été rencontrées (13 150 en 2006). En cas d’arrêt de plus de 45 jours (dit longue durée), l’assuré est systématiquement contrôlé (53 589 personnes en 2007 et déjà 18 776 au 1er trimestre 2008).

Des pénalités financières peuvent être appliquées aux assurés qui abusent des arrêts de travail médicalement non justifiés ou refusent les contrôles de l’Assurance Maladie (portant sur le respect des horaires de présence à son domicile : 9h à 11h et de 14h à 16h, pendant toute la durée de l’arrêt de travail, ou la convocation du médecin conseil).

Certes, comme tout système, certaines personnes en abusent. Mais dans la quasi-totalité des cas, les arrêts de travail pour maladie sont justifiées.
Le mal ne serait-il pas plus profond ? Comme l’affirme Philippe ASKENAZY, « au-delà de la souffrance physique qui existe encore dans les entreprises…, se développe une souffrance psychique, liée à la fois, à la non reconnaissance des savoirs et des savoir-faire au travail, et à de nouvelles formes de l’organisation du travail qui participent fortement à la dégradation de la santé des salariés« .

En savoir plus :

Assurance Maladie Lorraine : dossier de presse, 26 mai 2008, « Arrêts de travail : l’Assurance Maladie semobilise pour prévenir et contrôler les abus en Lorraine« 

Philippe ASKENAZY est économiste français, Directeur de recherches au CNRS, chercheur à l’École d’économie de Paris. Parmi ses ouvrages, Les désordres du travail: enquête sur le nouveau productivisme, Paris, Le Seuil, 2004.

Un programme santé en nutrition pour les salariés de PSA Peugeot-Citroën

Le Groupe PSA Peugeot-Citroën, sur son site de Rennes, a lancé, en 2002, le 1er programme de prévention santé par l’alimentation pour ses 11 000 salariés, baptisé Santal. Cette action a été soutenue dans le cadre du 1er Programme National Nutrition Santé (PNNS).

Au préalable, l’offre alimentaire sur le site a été élargie pour proposer de nouvelles recettes aux 8 000 collaborateurs se nourrissant chaque sur place dont 2 400 repas et 3 500 produits alimentaires, avec par exemple 12 nouveaux sandwichs élaborés. Les salariés en surpoids bénéficiaient d’un bilan nutritionnel ainsi qu’un suivi individuel par une diététicienne, et le cas échéant une orientation vers les services spécialisés du CHU de Rennes. Des campagnes de communications thématiques ont été mises en place pour mettre en exergue les bénéfices d’une alimentation équilibrée pour leur santé : produits laitiers, légumes, poissons et fruits, et ce à destination de l’ensemble des salariés ainsi que leur famille. Toutes les informations s’inscrivaient dans les recommandations du PNNS. 84 % des salariés suivis par la diététicienne a perdu du poids : 4,3 kg en moyenne.

Pour le Pr Serge Hercberg, responsable du PNNS, « on peut à la fois maintenir le côté plaisir, le côté partage – convivialité de l’alimentation avec une alimentation qui soit favorable à la santé« .


En mai 2006, PSA Peugeot-Citroën a lancé « Santal + », un programme de santé et d’hygiène alimentaire. Pendant deux ans, les 35 000 salariés des sites parisiens concernés ont bénéficié de campagnes de sensibilisation et ont pu choisir chaque jour un menu « Santal + » composé par des diététiciens. Une douzaine de thèmes liés à la santé ont été abordés, au rythme d’un thème tous les deux mois : les fruits et légumes, les féculents, les matières grasses, l’activité physique, la marche… L’accompagnement personnalisé est fait par e-coaching, pour les personnes qui le désirent. Un questionnaire leur est adressé pour établir un bilan de santé et ils reçoivent par mail des informations sur la diététique, des conseils et des suggestions de recettes ou d’exercices physiques.

L’approche relations humaines avait été privilégiée pour Santal ; Santal+ fait la part belle aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. C’est avec intérêt que nous attendons les résultats d’évaluation de Santal+… l’homme pourrait-il être remplacé par des programmes informatiques !

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De l’importance de l’alimentation sur les lieux de travail

La question de l’alimentation au travail ne suscite pas toujours l’intérêt, comme le montre l’étude ‘’Alimentation au travail : des solutions pour la malnutrition, l’obésité et les maladies chroniques’’, menée, en 2005, par l’Organisation Internationale du Travail (OIT).

Trop souvent, le programme de restauration au travail n’est qu’une considération de second plan. L’accès à une nourriture saine est pourtant une question tout aussi importante que la protection contre les produits chimiques sur le lieu de travail ou la protection contre le bruit.

Facteur de rentabilité pour l’entreprise, une bonne alimentation permet des gains de productivité, l’amélioration du moral des travailleurs, la prévention des accidents et des morts prématurées, la réduction des dépenses de santé.

Une alimentation adéquate peut accroître de 20 pour cent la productivité.

Selon le coordonnateur de cette étude, Christopher WANJEK, « une bonne alimentation au travail est un élément déterminant de la productivité, de la santé et de la sécurité, des salaires et de la sécurité de l’emploi – autant de préoccupations partagées par les employeurs, les syndicats et les travailleurs. En n’offrant pas un meilleur choix de repas à leurs employés, les entreprises agissent à l’encontre de leurs propres intérêts. »

 

L’étude affirme que des repas sains pris dans un cadre propre et calme ne devraient pas être considérés comme un luxe mais comme un élément indispensable au moral, à la santé, à la sécurité et à l’efficacité des travailleurs. Ce qui fait de l’étude ‘’Alimentation au travail : des solutions pour la malnutrition, l’obésité et les maladies chroniques’’, une option salutaire pour toute entreprise qui souhaiterait améliorer ses résultats financiers.

« L’étude met en évidence la corrélation entre une alimentation saine et une productivité accrue. Importante d’un point de vue social, économiquement viable, une nourriture décente au travail est également un facteur de rentabilité pour les entreprises. Qu’il s’agisse des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, une nutrition adéquate sur le lieu de travail est une solution gagnante pour les trois parties« , conclut François EYRAUD, Directeur du Programme des conditions de travail et d’emploi de l’OIT.

En savoir plus :

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) est une institution tripartite spécialisée de l’ONU qui rassemble gouvernements, employeurs et travailleurs de ses 188 Etats membres dans une action commune pour promouvoir le travail décent à travers le monde.

Christopher WANJEK est rédacteur free lance dans les domaines de la santé et de la science établi aux Etats-Unis. Il est titulaire du Master en sciences de l’environnement de la Harvard School of Public Health.

Et si la santé de vos collaborateurs… était au cœur de la stratégie de développement de votre entreprise ?

La santé au travail devient, chaque jour un peu plus, l’une des principales préoccupations des organisations. Sans doute parce que le travail lui-même est devenu une dimension majeure de notre vie à tous. On ne travaille plus seulement pour survivre ou gagner sa vie. On travaille aussi et surtout pour exister psychologiquement et socialement. Travailler, c’est avoir une identité, une place et une fonction sociale. Alors qu’à contrario, le non travail (chômage de longue durée, mise à la retraite, restructuration,…) est le plus souvent pourvoyeur de stigmatisation, de sentiment d’inutilité, voire de souffrance.
e attirer, à retenir et à bien rémunérer les collaborateurs, ne suffisent plus.

Il convient de prendre en compte les conditions dans lesquelles s’exerce le travail des salariés. Jean-Pierre BRUN, dans son dernier ouvrage, met en avant que « sept catégories de problème nuisent au rendement individuel, et par conséquent à la santé organisationnelle : la reconnaissance au travail, le soutien social, le respect au travail, la conciliation travail et vie personnelle, la charge de travail, la participation aux décisions et la clarté du rôle ». la clarté du rôle. »
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L’Organisation internationale du travail (OIT) décrit les objectifs de la santé au travail à travers « la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles et la protection de la santé et du bien-être des travailleurs. » Le Conseil de l’Europe a entériné, le 5 juillet 2002, la stratégie de consolider « une culture de prévention des risques » et de développer « une approche globale du bien-être au travail, prenant en compte les changements du monde du travail et l’émergence de nouveaux risques, notamment psychosociaux » dont le but est « une amélioration continue du bien-être au travail.« 

L’évolution des concepts de santé et de Promotion de la Santé, notamment tels qu’ils sont définis dans la charte d’Ottawa, clarifie les types d’intervention possible pour permettre aux individus d’améliorer leur état de santé.
Cette approche de la promotion de la santé vient donc compléter la prévention des risques professionnels, dans le sens où elle va s’intéresser aux troubles de santé qui perturbent l’existence quotidienne et la vie au travail, et qui à la longue entraînent une « fragilisation » des individus, et nuisent à la performance des salariés.

Santé au travail et performance des salariés. Cette performance est d’autant plus importante que les pratiques en relation avec le bien-être des travailleurs mises en place dans différents pays sont justifiées par 5 considérations principales : maintien de la motivation au travail, fidélisation de la main d’œuvre, réponse à des contraintes légales, lutte contre un absentéisme tout-venant, prévention « Santé Mentale » et notamment à travers la réduction de l’absentéisme qui en résulte.

Le bien-être des collaborateurs participe à la rentabilité de l’entreprise.
En effet, il existe un lien étroit entre le bien-être des collaborateurs et l’efficacité des organisations. Dans quelle mesure ? Jean-Pierre BRUN affirme que dans « 95 % des cas, une atteinte au bien-être au travail est associée à une atteinte à l’efficacité de l’organisation.« 

 

En savoir plus :

Jean-Pierre BRUN, professeur de management, est titulaire de la Chaire en gestion de la santé et de la sécurité au travail de l’Université Laval, Québec (Canada). Son dernier ouvrage : « Les 7 pièces manquantes du management. Une stratégie d’amélioration du bien-être et de l’efficacité des entreprises », Les Editions Transcontinental Inc. & Les Editions de la Fondation de l’Entrepeneurship, Montréal (Canada), 1er trimestre 2008.

Le sens du travail génère… stress ou bien-être

L’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST), en collaboration avec Estelle MORIN, vient de publier les résultats de travaux portant sur le sens du travail qui génère stress ou bien-être.

« Si une personne perçoit positivement ses activités de travail, les conditions dans lesquelles elle l’accomplit et les relations avec ses collègues et son supérieur, elle aura tendance à trouver du sens dans son travail et, par conséquence, à s’y sentir bien physiquement et psychologiquement.
A l’inverse, si sa perception est négative, elle aura tendance à considérer que son travail et le milieu dans lequel elle oeuvre n’ont pas de sens. Conséquemment, la personne présentera des symptômes de stress ou de détresse ».

En outre, les chercheurs ont constaté que les problèmes éthiques et moraux constituent une préoccupation grandissante dans les milieux de travail.

En savoir plus :

L’Institut de Recherche en Santé et en Sécurité du Travail (IRSST) est un organisme québécois de recherche scientifique voué la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles ainsi qu’à la réadaptation des travailleurs qui en sont victimes.

Estelle MORIN est professeur et directrice du Centre de recherche et d’intervention pour le travail, l’efficacité organisationnelle et la santé (CRITEOS), HEC Montréal (Canada).


300 000 journées de travail perdues annuellement… au Luxembourg

Selon le Service d’Information et de Diffusion du Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg, les accidents et maladies ont entraîné près de 300 000 journées de travail perdues en 2005 au Luxembourg. Il convient de ramener ce chiffre à la population active qui était en 2005 de 307 300 personnes (Source Statec).

Le coût par accident est estimé à 25 000 €, sans compter les drames psychologiques que cela peut engendrer parfois pour le travailleur, sa famille ou ses collègues, il apparaît plus que jamais primordial de prendre grand soin de ce capital…humain !